Né d’un père industriel et d’une mère pianiste, Orson Welles voit le jour le 06 mai 1915 dans l’état du Wisconsin. Orphelin dès l’âge de treize ans, il se passionne très vite pour le théâtre et sera l’auteur interprète de nombreuses pièces qu’il organise dans son école. En 1931, lors d’un séjour en Europe, Orson Welles fait la connaissance du célèbre magicien Houdini et parvient grâce à sa hardiesse à se faire engager dans la célèbre troupe du « Gate Theatre » de Dublin. Après un séjour en Espagne, Orson Welles repart à New York et monte deux pièces audacieuses d’après Shakespeare. En 1934, il réalise un court métrage muet surréaliste « The hearts of age ». La même la RKO l’engage pour des émissions de radio ou Welles adapte des oeuvres d’écrivains célèbres. Cette association, qui s’achèvera en 1947, va connaître en 1938 un incroyable scénario. Orson Welles qui adapte ce jour là « La guerre des mondes » de H. G. Welles provoqua parmi les auditeurs crédules une panique phénoménale. Le talent d’orateur de Welles ayant fait croire aux fuyards que la fiction avait dépassé la réalité. Ce fait historique va lui ouvrir les portes des studios d’Hollywood ou il réalise pour la RKO en 1941, « Citizen Kane ». Cette histoire qui se voulait la biographie d’un puissant magnat de la presse, va être (et c’est justice) portée en triomphe par la critique internationale. Filmant en caméra subjective la quête d’un ami du défunt cherchant à découvrir la signification du dernier mot que prononça le magnat, Orson Welles prouve dès son premier film qu’il est déjà un maître. C’est à cette époque qu’il s’engage politiquement et approuve les idées de Roosevelt contre le nazisme. Pour se faire entendre, il n’hésite pas à se faire journaliste ou conférencier. En 1942, pour son second film « La splendeur des Amberson », Welles rencontre de nouveau l’éloge de la critique mais pas celui du public. Il faut dire que cette nouvelle manière de filmer déroute beaucoup de monde et que le montage des producteurs ampute beaucoup l’oeuvre du réalisateur. Voyageant en 1942 au Brésil et au Mexique pour le tournage de « It’s all true » il se brouille avec la RKO et le film ne verra jamais le jour de son vivant. Devenant pour un temps simple acteur, Orson Welles réalise « Le criminel » en 1946 qu’il désavouera par la suite. Grâce à Rita Hayworth, sa seconde épouse avec qui il s’apprête à rompre, Welles tourne en 1948 un fleuron du film noir, « La dame de Shangai ». Adapté d’un roman insignifiant, Welles parvient à faire de chaque scène de ce film un pur joyau. Rencontrant de nouveau des problèmes financiers, Welles se tourne à nouveau vers le théâtre et adapte magnifiquement pour le cinéma deux pièces de Shakespeare « Macbeth » en 1948 et « Othello » en 1952. Devant renoncer à de nombreux projets dont « Don Quichotte » le réalisateur parvient encore à nous enchanter avec cette merveilleuse sarabande qu’est « Mr. Arkadin », ou Orson Welles, sur les traces d’un être machiavélique, nous entraîne à travers toute l’Europe. Mais la beauté de ce film n’est rien en comparaison de « La soif du mal » q u’il tourne en 1958. Au sommet de son art, Welles parvient une nouvelle foi à magnifier un sujet pourtant très mince. Cette oeuvre empreinte de sadisme et de fatalité est le chant du cygne d’un homme qui rencontre toujours autant de difficultés à pouvoir mettre un point final à certains projets que beaucoup voit dorénavant comme de simples chimères. Ayant pour nombre de ces films accepté de les financer en interprétant de nombreux rôles, Orson Welles réalise en 1962 l’adaptation du roman de Kafka, « Le procès ». Ce film inégal étant desservi par la composition du fade Anthony Perkins. Pour sa dernière réalisation « Une histoire immortelle », (moyen métrage produit pour la télévision avec Jeanne Moreau), on retrouve le génie de cet incroyable réalisateur qu’était Orson Welles. Celui qui considérait ses oeuvres mortes à l’instant même ou il les achevaient, aura tout simplement bouleversé les fondamentaux du cinéma qui prévalaient à l’époque. Ce maître du plan-séquence et du montage mettant en valeur le jeu du comédien, aura converti à ses idées des générations de cinéastes. Considéré par beaucoup comme le plus grand des réalisateurs, Orson Welles tournera encore deux oeuvres personnelles avant de s’éteindre à Hollywood le 10 octobre 1985.
Acteur, réalisateur, scénariste…